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NON à l'excision PDF Imprimer E-mail
Mardi, 07 Juillet 2009 18:21

J’ai lu cette semaine un article dans la presse qui est a priori un bonne nouvelle : la création d’un nouvel article dans le code pénal visant à interdire les mutilations génitales pratiquées sur des filles.

Bémol, un alinéa stipule que la loi ne s’appliquera pas aux jeunes femmes majeures et consentantes. En clair cela signifie que l’excision serait légalisée…Je suis profondément choquée que l’on puisse penser qu’une femme désire réellement se faire amputer d’une partie d’elle-même, sans pression de sa famille ou de sa communauté ! Je suis révoltée que la Suisse envisage de rendre légale une pratique aussi barbare alors que des organisations telles que l’UNICEF, l’OMS ou encore la Croix-Rouge s’engagent afin de mettre un terme à ces pratiques. En 2002, l’assemblée générale des nations unies s’est engagée à l’unanimité à mettre fin aux mutilations sexuelles d’ici 2010. Certes cette date est très optimiste mais légaliser cette torture dans notre pays ne participera certainement pas à faire avancer la lutte.Cette mutilation viole le droit le plus élémentaire des petites filles et des femmes à pouvoir disposer librement de leur corps, à avoir une vie sexuelle satisfaisante et entraîne des conséquences négatives pour leur santé.

De plus, lorsque l’on pense aux efforts qu’on dû fournir les médecins que le sort de ces femmes ont touché afin de mettre au point des techniques chirurgicales visant à reconstruire ce qui peut encore l’être, je considère comme une insulte de leur demander de pratiquer une intervention qui n’améliorera en rien l’état de santé ou le bien-être de ces femmes, ce qui est pourtant le rôle principal des médecins et des professionnels de la santé en général.Considérer l’excision comme une simple intervention de chirurgie esthétique ou un banal piercing est une injure pour toutes les femmes vivant et souffrant au quotidien de cette mutilation qui bouleverse leur vie dans son aspect le plus intime.

Pour ces raisons, je m’oppose fermement à l’introduction de cet alinéa dans le code pénal suisse et j’appelle toutes les femmes et tous les hommes de ce pays à faire de même et à faire entendre leur voix !

Zoé Blanc-Scuderi

 
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