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Parti socialiste: à tribord, toute! PDF Imprimer E-mail
Dimanche, 26 Octobre 2008 17:19

Il se passe des choses intéressantes dans le beau canton de Vaud. Le phénomène n'est pas foncièrement nouveau, mais au gré de l'actualité politique, il apparaît parfois sous un jour particulièrement net: la direction du parti socialiste a de nouveau oublié qu'elle était de gauche. On ne parlera pas ici de la direction nationale: trop occupée à voter massivement la libéralisation du marché de l'électricité ou produire des textes surenchérissant sur les propositions sécuritaires de la droite nationaliste, il serait peu élégant de notre part de tirer sur l'ambulance. Intéressons-nous plutôt aux événements politiques vaudois, car l'actualité récente nous donne de nombreuses occasions de nous interroger.

Decfo-sysrem, tout d'abord. Combattu par les trois syndicats les plus importants de la fonction publique, le projet de baisses de salaires du Conseil d'Etat a été - et reste - fortement contesté: en janvier, plus de 12'000 personnes manifestaient, tandis que les deux ministres socialistes - élus sur un programme de défense du service public - Anne-Catherine Lyon et Pierre-Yves Maillard, réaffirmaient leur collégialité avec l'exécutif bourgeois, lequel allant même jusqu'à déclarer la grève « illégale », sans que cela ne semble choquer l'ancien syndicaliste en charge du DSAS.

L'initiative pour le droit à un salaire minimum, ensuite. Invité à participer à cette campagne importante, le parti socialiste n'a pas souhaité se joindre à la gauche combative, jugeant que le texte n'était pas bon et laissait trop de latitude au parlement de droite pour fixer le montant du salaire minimum. Argumentation étonnante, quand on se souvient qu'au Grand conseil, le même texte sous forme d'initiative parlementaire avait été soutenu « avec énergie » par le groupe socialiste... Comprenne qui pourra!

Les cadeaux fiscaux aux plus fortunés du canton, enfin. Ici aussi, devant les attaques frontales du patronat et de ses relais bourgeois, la gauche combative a lancé un (et même deux!) référendum. Il aura fallu tout le tallent de contorsionniste de la direction du PSV (et d'un Pierre-Yves Maillard raillant ces « révolutionnaires en retard ») pour expliquer que si les cadeaux fiscaux étaient effectivement scandaleux, si le projet était effectivement peu équilibré, si le principe du bouclier fiscal était effectivement inacceptable... il n'en fallait pas pour autant porter la question devant le peuple! (On m'objectera que le PSV a pris position en faveur du référendum sur le bouclier fiscal: quelqu'un a vu un-e militant-e socialiste dans la rue dernièrement ?)

Le problème, c'est que ces dernières décisions socialiste ne sont pas sans conséquences. Au-delà de leur poids politique intrinsèque, elles ont un effet plus pernicieux, moins directement visible: elles tendent à brouiller les cartes du champ politique, introduisent la confusion chez l'électeur ou le militant de gauche, travaillent à la dépolitisation de la population, sur fond de « toute façon, de droite ou de gauche, ils font la même politique! »

Julien Sansonnens

 
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