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Mardi, 14 Octobre 2008 08:33 |
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Il est intéressant d'analyser comment la presse met en image la crise financière. S'il y aurait beaucoup à dire sur la mise en texte, le choix des illustrations, photographies et dessins n'est pas moins digne d'intérêt.
Bien souvent, l'image accompagnant un article traitant de la crise financière présente un trader se prenant la tête entre ses mains, levant les bras au ciel ou téléphonant, l'air grave. Une autre possibilité consiste à montrer une salle des marchés, avec les éternelles courbes descendantes qui scintillent sur les écrans géants.
Ce qu'une certaine presse nous montre, et surtout ce qu'elle ne nous montre pas, n'est pas innocent: en désignant quelques golden boys comme responsables de la crise, elle offre une poignée de moutons noirs en pâture à une opinion avide de sens. Se gardant bien de toute remise en cause du système qui a permis pareil désastre, cette presse n'en condamne que les prétendus « excès », donne à penser que le système est fondamentalement sain mais corrompu par quelques brebis galeuses. Comme si les opérateurs financiers n'avaient pas agi selon une pure logique capitaliste de maximisation du profit le plus immédiat, et comme si ces nouveaux donneurs de leçons médiatiques y avaient trouvé quelque chose à redire avant que les choses commencent à sentir le roussis.
La lutte, dès maintenant, prend la forme d'une lutte symbolique autour de la désignation des responsables de la crise. La droite économique et patronale, aidée par l'extrême-droite, est à l'offensive. Notre responsabilité est de travailler à la démystification. Julien Sansonnens
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