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Lundi, 19 Mai 2008 21:29 |
Agée de 18 ans, la cadette du comité directeur n'en a pas moins des idées précises sur ce que doit être une véritable gauche de gauche.
Résistance: Pourquoi t'es-tu engagé en politique ? Et pourquoi au POP ? Zoé Blanc: Le monde n'est pas juste, ni équitable ! Au lieu de râler, j'ai décidé d'agir. J'ai adhéré au POP, car c'est le parti qui représente le mieux mes idées. Mais j'ai été très surprise de constater que nous sommes... un petit parti ! C'est un avantage: on connaît plus vite les gens, on peut tout de suite agir à son niveau. Dans des formations plus grandes, tu dois avoir l'impression de ne pas servir à grand chose. Je crois aussi que le POP a une longue histoire, qu'il est ancré sur des bases solides: c'est un atout. Mais il faut faire attention que cette tradition ne nous empêche pas d'avancer.
Tu étais signataire de l'amendement en faveur d'un nouveau parti à la gauche de la gauche, qui a été accepté lors du dernier Congrès. Quel est ton sentiment ? Pour moi, le concept même de gauche est à l'inverse de la division: la gauche représente la masse des gens! Nous ne sommes pas assez grands pour nous battre seuls. Concrètement, au niveau du processus de rapprochement avec solidaritéS, je me demande comment cela va évoluer. Il faudra des compromis de chaque coté si l'on veut éviter que la fusion ne soit qu'apparente, et que coexistent toujours deux groupes séparés. Pour ma part, comme jeune militante, je n'ai pas cette « fidélité absolue » au parti: le parti doit être un moyen, et non une fin en soi. Le tempo est également important: il ne faut pas qu'on aille trop vite, ni trop lentement.
Lors de la grande manif contre DECFO/SYSREM, tu as fait preuve d'une énergie remarquable! D'où tires-tu cette motivation ? J'adore les manifs ! Ensemble, on est forts, on sent qu'on peut faire bouger les choses. Il y a ce sentiment d'unité, de solidarité: j'aime beaucoup! Pour moi, cela correspond à ma vision du parti: militer ensemble, y compris avec des gens qui n'appartiennent pas à notre formation. Je suis une éternelle optimiste: on peut faire bouger les choses! Ca peut toujours aller mieux.
Tu as été élue au comité directeur: quelles seront tes propositions pour améliorer le fonctionnement du parti? J'aimerais favoriser les contacts entre les sections locales. Je constate également qu'on se rencontre toujours à la maison du peuple: pourquoi ne pas décentraliser parfois nos activités ? Il se passe plein de choses à Lausanne, et ailleurs ? Cela permettrait que les gens se connaissent mieux. Il faut éviter que ce soit toujours le même noyau qui militent tout le temps ensemble. L'initiative pour un salaire minimum doit nous permettre d'être présents partout! Ce combat me tient vraiment à coeur: la Suisse est un pays riche, le phénomène des workingpoors est inacceptable! Je vais m'engager au maximum.
Justement, qu'as-tu envie de dire aux jeunes pour qu'ils s'engagent ? Ca m'énerve quand les jeunes ne vont pas voter! Il y a quelque chose de presque indécent: on nous donne l'occasion de nous faire entendre, et certains n'en font rien! Nous devons nous battre pour nos idées, ne pas lâcher ! Les jeunes ont des idéaux: n'attendons pas d'être blasés, et profitons-en ! C'est maintenant qu'il faut s'engager!
Propos recueillis par Julien Sansonnens
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