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Lundi, 25 Février 2008 16:32 |
par Jean-Claude Cochard, Les Avants.
Refiler le réseau de transport public VMCV (Vevey-Montreux-Chillon-Villeneuve), avec sa dette et ses déficits annuels, aux communes de la Riviera vaudoise, alors que la production, la distribution et la vente de l'électricité demeurent en mains privées, revient en fait à privatiser les profits et socialiser les pertes! Afin d'éviter que le système d'accumulation de la richesse ne profite qu'aux nantis, le peuple suisse, dans une grande sagesse, avait refusé la privatisation du marché de l'électricité. Dès lors, je m'étonne de la décision du Tribunal fédéral d'accorder à Romande Energie l'autorisation de se séparer de son réseau de transport public électrifié. Si la réforme de l'imposition des entreprises est acceptée, je me demande comment les collectivités publiques de la Riviera vaudoise pourraient assumer financièrement la pérennité du réseau VMCV.
En se constituant en «agglomération», le Grand Lausanne a pu sauvegarder la participation financière de la Confédération dans les projets d'infrastructure de transport urbain. Avec ses 70'000 habitants, la population de la Riviera vaudoise équivaut à la moitié de celle de l'agglomération lausannoise. Théoriquement, après la réalisation du M1 et du M2, notre région serait en droit, sur le principe de l'égalité de traitement, de revendiquer des investissements dans des projets d'infrastructure dans un ordre de grandeur compris entre deux cents et trois cents millions de francs. Mais avec ses douze municipalités, l'esprit de clocher est encore bien présent sur la Riviera vaudoise! Dans les conseils communaux, de l'UDC en passant par les Verts, aucun projet de fusion de communes est à l'ordre du jour pour cette législature. La Riviera dort alors que d'autres régions s'activent pour planifier l'avenir de l'aménagement du territoire et des infrastructures !
Au lieu d'accepter la liquidation du réseau VMCV, proposé par Romande Energie, sous la forme d'un préavis municipal intercommunal, les conseils communaux de la Riviera devraient plutôt exiger la fusion du VMCV avec MVR, la société de gestion des petites lignes régionales de GoldenPass Services. Cette nouvelle entité administrative pourrait être le point de départ d'un réseau de transport public cohérent et unifié sur la Riviera vaudoise. Ce cadre juridique permettrait d'échafauder un projet de reconstruction d'une ligne de tramway entre Vevey et Villeneuve, avec un prolongement jusqu'à Rennaz. Cette nouvelle voie ferrée pourrait-être raccordée à Vevey à celle de Blonay et à Montreux à celle du MOB. Cette idée, je l'avais présentée aux responsables politiques de la région en 1990 déjà. De la pure utopie m'avait-on répondu à l'époque! Et pourtant le bassin de population d'un futur tramway de Vevey à Rennaz est équivalent à ceux des nouvelles lignes déjà construites à Genève et Lausanne. En bradant son réseau de transport public aux communes qui n'ont pas les ressources de le développer, Romande Energie ouvre la voie à la privatisation des transports publics de la Riviera vaudoise. Sans doute que cette opportunité n'échappera pas à la convoitise des multinationales spécialisées dans les transports collectifs comme Connex, par exemple. Cette hypothèse n'est pas forcément une bonne nouvelle pour les salariés et les usagers du service public !
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