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Lundi, 10 Septembre 2007 22:36 |
Paru dans 24 Heures du 10 septembre 2007
Jean-Michel Dolivo (JMD) : A force de vouloir ponctionner les plus riches, ne va-t-on pas les inciter à partir, contribuant ainsi en fait à diminuer les recettes fiscales'
Josef Zisyadis (JZ) : c'est vrai, d'ailleurs la queue sur l'autoroute pour se rendre à Obwald est effrayante? Le néo-libéralisme se nourrit de la concurrence fiscale entre les cantons, entre les communes. Il n'y a pas d'autre issue que d'instaurer un taux unique d'impôt sur la base de l'impôt fédéral direct, impôt progressif. c'est dans l'intérêt des 80 % de la population qui ne dispose que des 12% de la fortune totale.
JZ : La lutte pour un salaire minimum légal va-t-elle régler la question de bas salaires ?
JMD : Un salaire minimum légal à 3'500 francs net permet de mettre un cran d'arrêt à la spirale à la baisse des salaires. Dans beaucoup de secteurs professionnels, c'est la loi de la jungle qui domine : les salaires à l'embauche sont à la baisse. De nombreux jeunes touchent des salaires de misère. Entre 1993 et 2002, 1,2 million de personnes ont connu le chômage, soit 1 personne active sur 4, avec la dégringolade de revenu que cela entraîne.
JMD : Aujourd'hui l'égalité des salaires entre femmes et hommes n'est pas réalisée. C'est une question de mentalité?
JZ : c'est surtout une question de mentalité des employeurs suisses !. Ce sont des milliards chaque année qui sont volés aux femmes. Les inégalités sont restées invraisemblables avec environ 21% de moins que les hommes pour les mêmes conditions de travail. Les femmes sont touchées les premières lorsqu'on privatise les services publics, lorsque la précarité s'accroît sur les lieux de travail. Sans parler de la double journée de travail à la maison. Nous avons besoin impérativement d'inspecteurs de la loi sur l'égalité pour surveiller son application.
JZ : l'escroquerie du 2ème pilier devient manifeste. Comment avancer vers une véritable sécurité sociale ?
JMD : Reposant sur la capitalisation, le 2ème pilier ne présente aucune garantie pour le versement des prestations futures, car trop dépendant des fluctuations économiques. Seul un système de répartition du type AVS garantit le niveau des rentes auxquels les assurés ont droit. Ce système instaure une solidarité entre niveaux de revenus et générations. Nous proposons de fusionner le 2ème pilier dans le système AVS avec une garantie transitoire pour les acquis : ce qui a été versé doit être rendu aux salariés avec les intérêts accumulés.
JMD : Revendiquer la souveraineté alimentaire n'est ce pas un leurre absolu ?
JZ: La souveraineté alimentaire, c'est le droit d'une population à définir sa politique alimentaire, sans dumping de prix vis-à-vis de pays tiers. Cela implique donner la priorité à la production locale pour nourrir la population, sans OGM et dans un libre accès aux semences. l'abaissement des coûts de transport des marchandises et la politique d'ouverture des marchés agricoles ont pour conséquence l'élimination massive de tous les producteurs. Dans le canton, de 1990 à 2005, 32% des exploitations ont disparu.
JZ : Régulariser collectivement les travailleurs sans papiers va-t-il changer quelque chose à des pratiques patronales de dumping ?
JMD : La régularisation collective des sans papiers qui vivent et travaillent en Suisse, c'est la reconnaissance en droit d'un état de fait. Ils sont 150'000 à travailler durement dans des secteurs comme l'économie domestique, l'aide aux personnes âgées ou le nettoyage. Ils sont là, parce que, dans ces secteurs existe un besoin de main d'½uvre peu qualifiée. Leur refuser un permis de séjour, c'est les maintenir dans la précarité, les empêcher d'agir ensemble, avec leurs collègues, pour améliorer leurs conditions de travail.
Jean-Michel Dolivo, avocat, A Gauche toute ! / solidaritéS Josef Zisyadis, conseiller national A Gauche toute ! / POP & Gauche en mouvement
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