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Mercredi, 02 Mars 2005 22:40 |
Agé de 5 ans, Tefik se souvient, la visite de ses oncles, alors résidents en Suisse et séjournant quelques jours dans son village natal, Gjilan au Kosovo. Ils lui parlent de la Suisse, ce pays si propre et si tranquille. Tefik sait déjà que c'est dans ce pays qu'il vivra plus tard. En 1985, alors qu'il a 16 ans, il vient pour la première fois en vacances à Nyon. Premier souvenir, une odeur, le parfum de la Suisse, de ses paysages... Tefik reviendra en 1989 muni d'un permis saisonnier qui ne sera pas rénouvelé, mais cela ne l'arrêtera pas dans son rêve d'enfant. En 1994, il épouse la femme de sa vie, suissesse, union de laquelle naîtra leur fils Ylan en 1996.
Résistance : Comment es-tu arrivé au POP ?
Tefik Rashiti : Mon père était député maire communiste au Kosovo et J'ai toujours eu beaucoup d'admiration pour son engagement politique, sa sincérité et ses idées. Arrivé en Suisse, J'ai eu l'occasion d'entendre Josef Zisyadis à plusieurs reprises et J'ai retrouvé la même volonté, celle que mon père m'a certainement transmise, de défendre ce qui me semble être légitime, ce pour quoi le POP s'engage. J'ai alors envoyé mon adhésion à la section de Nyon et J'ai rapidement été amené à remplacer un membre du Conseil Communal. Ce n'est pour moi qu'un début. c'est à Berne que je souhaite siéger plus tard, c'est pour moi un moyen de rendre à la Suisse ce qu'elle m'a donné.
Quelles sont tes priorités politiques ?
l'emploi, rétablir un équilibre dans le monde du travail, la défense des acquis sociaux, la mise en place de moyens appropriés et de soins pour les personnes handicapées et les personnes âgées, mais avant tout, intensifier la présence du POP au sein de la population. Je souhaiterais vivement que l'on ait plus d'occasions de rencontrer nos camarades de parti afin de partager nos expériences et nos idées.
En tant qu'originaire du Kosovo, comment perçois-tu la politique à l'égard des étrangers ?
Elle est violente et injuste. l'extrême droit impose des clichés et beaucoup tombent dans le piège : « Les Ex-yougoslaves sont des trafiquants de drogue ou vice et versa ». Au Kosovo, je n'ai jamais été confronté au problème de la drogue. c'est en Suisse que ce sujet est constant. Peut-être bien que certains ont préféré l'argent « facile » plutôt que l'exploitation agricole ou l'arrière des bistrots mais cet argent-là est sale, il n'a pas de couleur. La drogue est un fléau contre lequel il faut se battre sans faire d'amalgame. Je suis suisse et fier de mes origines. Pour des gens comme Blocher, l'image du Suisse c'est la neutralité, un drapeau suisse porté par des Suisses « made in Switzerland » ; pour moi, la neutralité c'est pouvoir, en tant que citoyen suisse, voyager dans le monde en représentant la neutralité comme la paix.
Que faudrait-il changer ?
l'intégration ! J'ai personnellement eu la chance de pouvoir adhérer rapidement à des clubs locaux. J'ai fait du foot, du rallye automobile, présidé une troupe de théâtre, ce qui m'a permis de m'intégrer plus facilement mais ce n'est, de loin pas, le cas de tout le monde. Quand on ne connaît pas la langue, on peut rester scotché longtemps sur les formulaires administratifs et autres règlements. Aujourd'hui je suis garagiste indépendant et c'est certainement par ma force de caractère que je peux dire maintenant que je suis parfaitement intégré. l'intégration ça devrait être comme recevoir des invités. Par devoir, politesse ou plaisir, on les fait entrer chez nous, on leur offre à boire, à manger, on leur parle et partage un bon moment avec eux. Mais la politique suisse en matière d'étrangers c'est plutôt laisser les invités sur le pas de porte et qu'ils se débrouillent ! Ce n'est pas comme ça que je conçois l'accueil.
Dernière victoire et défaite politique ?
c'est un peu tôt pour la victoire. A ce stade, c'est mon adhésion au POP mais je suis en phase d'apprentissage. J'ai adhéré en début d'année et pour le moment J'écoute plus que J'agis mais ma dernière déception c'est la réponse du Conseil Communal suite à ma remarque sur la publicité à caractère sexuel que nous avons reçue en tous ménages avant l'été. J'ai été très choqué par la pub. et par le fait qu'on ne puisse rien faire pour empêcher ça. c'est légal et c'est tout ! Pour mois c'est une dérive grave de notre société, faire passer des images dégradantes au vu de nos enfants, ça mérite plus d'attention et de pouvoir d'action !
Propos recueillis par Maud Ravay |
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