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Lundi, 01 Novembre 2004 02:21 |
Par la clarté de son esprit, par la force tranquille qui émane de lui, on ne dirait pas qu'il est né en 1942. Fribourgeois d'origine, il a suivi ses écoles primaires et secondaires à Bulle, avant de faire un apprentissage de carrossier. Il a exercé ce métier pendant neuf ans, puis est entré aux CFF comme agent, puis chef de train. Trente et un ans de sa vie, il les a passé dans les convois. Cette expérience professionnelle et humaine lui a permis de dominer bien des problèmes politiques et sociaux. Il revendique sa qualité d'ouvrier et pose sur les travailleurs un regard à la fois lucide et fraternel. Noël Crausaz est incontestablement une richesse pour le POP.
 Résistance : En quoi consistait votre fonction de chef de train ?
Noël Crausaz : Il s'agissait d'abord d'assurer la sécurité des voyageurs et le service à la clientèle, y compris le contrôle des titres de transport. J'ai été affecté à la plupart des lignes du pays. Il m'est arrivé de fonctionner sur la SNCF, dans les TGV jusqu'à Dijon. J'ai toujours eu d'excellents contacts avec mes collègues, tant suisses que français. Et avec les usagés. J'ai vu, chez nos voisins, que, lors des conflits du travail qui, parfois, entraînent des gênes pour les voyageurs, ces derniers peuvent se montrer solidaires.
Vous avez milité dans le syndicat SEV, le Syndicat du personnel des transports ?
Oui, j'ai toujours adhéré aux actions des cheminots. Par exemple, encore récemment, j'ai participé à la campagne menée par le syndicat pour que l'entreprise soit responsable de la sécurité de son personnel. Jusqu'alors, quand un salarié était victime d'un préjudice dans l'exercice de ses fonctions, il devait assumer lui-même sa défense. Ainsi, au cours de ma carrière, j'ai été agressé plusieurs fois, mais je devais me présenter seul devant les tribunaux. Les salariés n'avaient qu'à se débrouiller. En 2003, enfin, nous avons obtenu une « Charte » grâce à laquelle le personnel est couvert. Et cette charte ne profite pas seulement aux CFF, mais à toutes les entreprises de transport : autres sociétés ferroviaires, cars, bateaux, etc. A vrai dire, le problème avait été posé depuis longtemps : une motion socialiste dort toujours au fond des tiroirs du Conseil fédéral'
La sécurité, notamment dans les transports, est à l'ordre du jour !
Précisément, mais - et j'aimerais le souligner - ce sont les mêmes milieux qui, d'une part, se plaignent de la montée des dangers croissants que rencontrent les citoyens et, d'autre part, ne cessent de réclamer moins de personnel de surveillance, moins de monde aux guichets, etc. Or, les coupes sombres dans les crédits fédéraux, qui chargent d'autant plus les finances cantonales, entraînent une dégradation des conditions de transport. La droite, qui admet avec peine des amnisties fiscales qui rapporteraient des milliards, repousse tout financement de projets d'intérêt public !
Outre votre activité syndicale, vous vous êtes impliqué dans la lutte politique?
J'ai adhéré au POP en 1978. J'ai été conseiller communal lausannois de 84 à 88. J'ai notamment combattu pour une meilleure protection des ouvriers chargés du déflocage de l'amiante, notamment lors des travaux effectués à la Vallée de la jeunesse. J'avais été observer sur place les mauvaises conditions de travail. Je suis actuellement membre du Comité directeur du POP et de son secrétariat.
Et au Grand Conseil ?
J'ai siégé au Parlement cantonal de 1996 à 2002, puis à nouveau depuis l'an denier. J'ai commencé mon activité de député en attirant l'attention sur les activités du goldenboy Jürg Steubli, m'étonnant des prêts que la BCV lui avait consentis. J'ai été convoqué par le Conseil d'administration de la banque. Il y a huit ans de cela? En 98, je suis intervenu pour que le canton prenne l'initiative de provoquer une modification de la loi fédérale sur les taxations boursières et les gains en capitaux. Acceptée à l'unanimité, cette proposition n'a pas encore été transmise à Berne?
Comment voyez-vous l'avenir ?
Nous sommes à un moment crucial où les classes laborieuses doivent dire « non » à la droite. Et j'y inclus les classes moyennes. Elles sont composées, elles aussi, en grande partie de salariés dont le niveau de vie baisse. Il est indispensable que ceux qui défendent les petites gens, comme le POP, soient connus et que leur action soit visible.
Propos recueillis par Michel Buenzod |
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