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Lundi, 01 Novembre 2004 02:18 |
La vie d'Olivier Conod, originaire de Bretonnières, né en 1947, n'est pas une vie banale. Son cheminement atypique montre que, pour des personnalités de qualité, des voies multiples s'ouvrent vers la prise de conscience des réalités sociales et politiques de notre pays et de notre époque. Des origines paysannes de sa famille, ce député du POP a conservé la caractéristique terrienne qui s'exprime par un mélange de force et de modération. Ses convictions s'enracinent dans le souci qu'il a toujours manifesté pour les autres, en particulier pour les moins bien lotis.
 Résistance : Comment avez-vous vécu votre enfance et votre adolescence ?
Olivier Conod : J'ai suivi l'école obligatoire dans le village de Bretonnières, dont mon père, agriculteur, a été le syndic. Ma mère était très active dans des associations comme les Paysannes vaudoises ou les Samaritaines. Elle s'est battue, par exemple, pour que soit installé un congélateur communal' Les femmes devaient souvent prendre les choses en main. Deux de mes frères sont agriculteurs. Un autre est décédé. Ma s½ur est employée de commerce. A seize ans, j'ai opté pour une formation horlogère à l'Ecole technique de la Vallée de Joux. Au début, j'ai vécu assez difficilement le passage de la vie paysanne à la vie ouvrière : quand j'étais avec des agriculteurs, je défendais la condition ouvrière, et réciproquement !
Résistance : Vous avez ensuite connu la vie en usine?
O. C. : Oui. A un moment donné je me suis trouvé chef de groupe d'une chaîne de montage chez Omega, à Bienne. Là, un problème m'a fait réfléchir à l'action sociale : j'ai été amené à intégrer une handicapée, ce qui n'était pas facile dans ce type de travail. Je me posais passablement de questions. Par exemple : pourquoi fallait-il fabriquer des montres qui fonctionnent au 1/1000e de seconde, alors qu'on bénéficiait d'un horaire libre ?
Résistance : Est survenue alors une expérience importante. O. C. : En effet, tout en poursuivant mon activité professionnelle, j'ai participé au Séminaire de Culture théologique, organisé par l'Eglise évangélique réformée vaudoise (EERV). Cela m'a aidé à clarifier, comme je le souhaitais, mon orientation : je suis entré à l'Ecole d'études sociales et pédagogiques (EESP) de Lausanne. C'est à ce moment-là que je me suis marié. On m'a proposé alors un poste de diacre en Valais. J'ai habité Sion pendant cinq ans. Là, j'ai appartenu à une communauté minoritaire : les protestants devaient lutter pour se faire une place face au catholiques. En 1980, l'EERV m'a appelé pour un poste d'aumônier des Foyers de jeunes et adolescents. Je m'intéressais depuis longtemps à la question du sens de la vie pour les jeunes en grandes difficultés : mon mémoire de fin de formation était intitulé : « Aspects de la spiritualité dans les institutions éducatives ». Durant douze ans, j'ai poursuivi cette activité. Parallèlement à mon engagement dans l'Eglise, j'ai milité pour la reconnaissance de la formation de diacre. J'ai été président de l'Association des diacres romands.
Résistance : En 1993, votre parcours s'est modifié. Pourquoi ?
O. C. : J'avais passé la quarantaine et me posais beaucoup des questions sur les structures ecclésiastiques et l'avenir des diacres. J'ai donc quitté l'Eglise pour devenir assistant social à l'Office du tuteur général du canton de Vaud. J'ai rempli cette fonction pendant six nouvelles années. Puis, pendant 2 ans, j'ai été responsable d'un foyer de jeunes mineurs dans l'enseignement spécialisé. L'âge venant, je me suis tourné vers les adultes. Je suis actuellement assistant social au Centre social régional de la Commune de Lausanne.
Résistance : Comment êtes-vous entré en contact avec le POP ?
O. C. : A l'âge de 18 ans, à Bretonnières, j'avais déjà voté une fois POP ! J'ai su que j'avais été le seul ! Pendant que je travaillais à réfléchir à mon engagement politique, j'avais l'impression de regarder « le cirque » de l'extérieur, sans payer ma place. Le POP est un parti dynamique, j'y ai adhéré. Certes, j'ai toujours eu la « fibre sociale ». Mon premier intérêt a été le développement de l'humain en relation avec les valeurs existentielles, spirituelles et philosophiques. En second lieu, j'attache une grande importance à la place de l'homme dans son environnement social et matériel, d'où mon attention à l'écologie.
Résistance : Quelle est votre activité politique ?
O. C. : A Bretonnières, je suis président du Conseil général, après avoir été vice-président pendant deux ans. Je participe à la vie de la région, par exemple avec l'Association de développement de la Vallée du Nozon. J'ai participé aux actions sur la suppression des directions des établissements scolaires. Par ailleurs je suis membre du syndicat SUD.
Résistance : Au cours des récentes élections législatives, vous avez été élu dans le district d'Orbe sur une liste POP-Verts'
O. C. : J'étais déjà candidat il y a quatre ans et c'est le candidat vert qui a passé. Je l'ai du reste remplacé en cours de législature. Cette année, j'ai été élu sur une même liste commune avec les Verts.
Propos recueillis par Michel Buenzod |
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