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Isabelle Aparicio, la secrétaire militante PDF Imprimer E-mail
Lundi, 01 Novembre 2004 01:22
Vive, spontanée, enthousiaste, voilà les adjectifs qui conviennent pour caractériser cette femme jeune, mère de deux fils de 8 et 3 ans et demie. Son mari, Mariano, dessinateur-constructeur, est membre du Comité d'animation du POP-Fourmi Rouge de Renens et s'occupe des gosses quand sa femme assiste le soir à des réunions. Isabelle est née l'année où Fidel Castro a chassé du pouvoir le dictateur Batista, protégé par Washington. Mais, au-delà de ce hasard du calendrier, elle a voyagé au sortir de l'adolescence, dans plusieurs pays d'Amérique latine notamment au Chili où elle a côtoyé la misère du peuple et où elle s'est engagée au côté de ceux qui luttent pour changer la société. En Suisse, bien que valaisanne, d'un milieu d'ouvriers et de paysans de montagne, elle a vécu dès son enfance dans la périphérie lausannoise.

Isabelle Aparicio

Résistance : Quel a été votre parcours ?

Isabelle Aparicio :
Je suis secrétaire-comptable. J'ai milité très tôt. Peut-être, quand j'avais sept ou huit ans, mon admiration pour Zorro, champion de justes causes, a-t-elle contribué à développer chez moi une certaine conscience sociale ! A cette époque, à l'école déjà, nous devenions des militants (Espagne, Chili?) J'ai donc milité dans différentes associations de solidarité et adhéré au Parti ouvrier et populaire. Plus tard, le POP cherchait une secrétaire, j'ai postulé et j'occupe mes fonctions depuis 1992, actuellement à mi-temps.

En quoi consistent-elles ?

Elles sont très variées. Je m'occupe aussi bien des problèmes administratifs que des différentes actions et campagne que mène le POP. Je dois dire que je suis très heureuse et motivée dans mon travail. Je suis consciente que j'ai de la chance d'avoir une activité correspondant à mes goûts et à mes convictions. Même si la frontière entre le métier et le militantisme s'estompe parfois'

Quelles sont les tâches qui vous ont apporté le plus ?

Depuis 1992, je m'occupe de la « permanence impôts » organisée par le POP, que ce soit au bureau, à Renens ou même au Centre espagnol Garcia Lorca. On y voit la réalité de près : les bas salaires, ceux qui n'ont pas de contrat collectif ; des travailleurs désemparés, comme ces gars du bâtiment qui attendent une décision de l'AI et n'ont plus droit au chômage ; des mères dans l'angoisse dont les jeunes ne trouvent pas de places d'apprentissage.

C'est encore la richesse des contacts que nous avons journellement au POP avec les associations, les gens qui nous font confiance pour les aider à résoudre leurs problèmes. C'est aussi stimulant quand des personnes nous contactent car elles voudraient s'engager, ne pas rester les bras ballants devant les démantèlements, comme celui de l'AVS, le désengagement de la Confédération dans l'assurance maladie? Pour ma part, je veux continuer à me battre pour une politique sociale digne de ce nom.

Vous avez également été élue au Conseil communal de Prilly?

Depuis seize ans, le POP n'avait plus de représentant au législatif. Aux dernières élections, nous avons obtenu cinq sièges. Je suis la benjamine du groupe que je préside. Certes, sur le plan communal, la marge de décision est limitée. Une grande part des contraintes financières sont dues au report de charges canton-confédération. Néanmoins, plusieurs de nos propositions ont été acceptées. Nous avons contribué à la mise en place d'un réfectoire scolaire pour toutes les classes enfantines et primaires. Ou encore pour que notre représentant auprès des TL vote la gratuité lors de la Journée internationale sans voitures du 22 septembre. Avec le PDC, le POP a également fait reculer la municipalité de telle manière que, le 2 janvier, les magasins restent fermés. Le Parti agit aussi, quand c'est nécessaire, sur le terrain : par exemple, grâce à nos interventions, les squatters de la rue de Neuchâtel ont pu prolonger l'occupation de locaux. J'ai même été les soutenir à leur procès.

Nous voudrions être porteurs d'autres valeurs que celles de la logique du profit et du "tout à l'économie" et remettre l'être humain au centre des préoccupations, recréer des solidarités, proposer une alternative politique qui tiennent compte des besoins et des désirs des gens de leur capacité de créer et de bâtir du neuf et du meilleur.

Propos recueillis par Michel Buenzod
 
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