Le Conseil d'Etat roupille PDF Imprimer E-mail
Lundi, 03 Mars 2008 17:35
Le pipeline des projets gouvernementaux est plein paraît-il. Or le Conseil d'Etat, sans doute épuisé par l'effort surhumain accompli pour élaborer son "Programme de législature" ne se presse pas pour apporter au Grand Conseil de quoi moudre projets de loi, réponses aux motions et interventions diverses qui tardent durablement. C'est au point que les ordres du jour en devienne squelettiques et qu'il a fallu déjà supprimer une séance du Parlement prévue de longue date. Faciliter la planification du travail du premier pouvoir, le Grand Conseil, ne paraît pas être une priorité du gouvernement cantonal.... Gageons que d'ici quelques semaines, le Parlement devra durement ramer pour corriger ce malheureux retard. Travailler dans l'urgence n'est pas un gage de qualité. Le nouveau Conseil d'Etat tarde-t-il à trouver ses marques ou son président- pour -5 - ans , Pascal Broulis, peine-t-il à percevoir les priorités, vu le nombre de présidences qui sont les siennes dans les relations inter cantonales'

Exploitation éhontée des travailleurs agricoles du sud

« Là, je suis à cul ! « Ce n'est pas une nouvelle interjection présidentielle française mais bien l'exclamation du député vert Olivier Epars, sidéré par les propos du Conseiller d'Etat Mermoud. Le député s'inquiétait du sort dévolu à son initiative qui réclamait en 2005 ( ! ) « l'interdiction d'importer des denrées agricoles produites dans des conditions sociales et écologiques inadmissibles » Cette initiative avait reçu un appui très appuyé du parlement et devait donc être envoyée aux Chambres fédérales par le Conseil d'Etat. Or, ce dernier estime mollement que « le moment n'est pas propice » et attend depuis trois ans « des jours plus favorables » pour envoyer à Berne la position et la demande vaudoises ! Tout le monde a compris que cette importante demande du Parlement avait abouti au plus profond d'un tiroir . l'explication donnée démontre tout bonnement le désintérêt total du Conseiller d'Etat , agriculteur de formation, pour les travailleurs exploités de façon scandaleuse afin de garnir à bas prix les étalages des grandes surfaces de notre pays.

Dures conséquences de l'application de la « nouvelle » AI

Cinq mille personnes dans le canton sont victimes de la suppression de la rente de conjoint décidées lors de la révision de l'AI acceptée par le peuple. Les rentes de conjoint s'élevaient à cinq cents ou six cents francs par mois et nombre de familles doivent maintenant recevoir une PC ou une augmentation substantielle de leur PC pour être au niveau d'un simple revenu minimum. Des dizaines de familles tombent même au RI, revenu d'insertion. Le Conseiller d'Etat Pierre-Yves Maillard répondait ainsi aux questions de Jean-Michel Dolivo (AGT POP solidaritéS). Cette suppression des rentes de conjoints montre combien il s'est agi de diminuer les coûts de l'AI sans se soucier de les voir purement et simplement reportés sur les cantons, donc aussi sur les communes par le biais de la facture sociale. Ces mesures d'économies ont plongé des familles entières dans la pauvreté. Bel exploit.

Combien coûte DECFO SYSREM ?

Questionné par la députée Christiane Jaquet-Berger, le président du Conseil d'Etat Pascal Broulis a déclaré que la démarche DECFO SYSREM avait d'ores et déjà coûté quelque 700 000 francs . Il s'agit essentiellement d'entreprises de conseils qui ont été sollicitées pour apporter leurs lumières. Il faut bien dire que les négociateurs paraissent n'avoir été ni éblouis, ni éclairés En revanche, la suite du processus nécessitera encore des appuis donnés par des experts du système préconisé . Si le système DECFO SYSTEM connaît une suite? et un aboutissement. Rien n'est moins sûr.

Obtenir plus de droits démocratiques

Les règles de notre démocratie semi-directe paraissent souvent longues et complexes à la population. c'est pourquoi le député Jean-Michel Dolivo (AGT POP solidaritéS) a proposé l'inscription dans la Constitution d'une motion populaire. Cinq cents signatures de citoyens et de citoyennes permettraient de transmettre au Grand Conseil une proposition qui sera traitée comme une motion , un postulat ou une interpellation émanant d'un député. Le nom de « motion populaire » prend ainsi tout son sens et favorise encore mieux le rôle de « représentant du peuple » du Parlement.
La motion populaire existe déjà dans les cantons de Neuchâtel et de Fribourg. Dans ce dernier canton, la motion populaire doit être soutenue par 300 citoyens alors que 100 suffisent à Neuchâtel. Vu la taille du canton de Vaud, demander cinq cents signatures est logique.
Cette proposition a totalement effarouché les députés de droite. Au point qu'un libéral s'est exclamé que si cette proposition passe la rampe," il proposera de supprimer le Grand Conseil". Au nom de la démocratie ?
 
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