|
Jeudi, 19 Avril 2007 22:48 |
Comme le signalait Gauchebdo le 23 mars dernier, le doute planait sur la réponse donnée par la Conseillère d'Etat Jacqueline Maurer à la question ingénument posée par la députée popiste Françoise Burri. Celle-ci demandait simplement si le canton avait déposé plainte, suite à la débâcle de Swissair. Or il apparut ensuite que, malgré les affirmations du Conseil d'Etat, il était impossible de trouver trace de cette plainte à Bülach. Et le 12 avril dernier, un communiqué de presse embarrassé du Conseil d'Etat levait enfin le voile : « Contrairement à ce qui avait été décidé en 2002, l'Etat de Vaud n'est ni plaignant ni partie civile au procès en cours contre SAir Group. Une négligence administrative est à l'origine de cette situation. »
Le 8 juillet 2002, le gouvernement avait pourtant informé le Grand Conseil de sa décision de déposer plainte et de suivre ainsi la résolution du popiste Noël Crausaz votée par le Parlement le 13 novembre 2001. Le Conseil d'Etat ajoutait que « l'acquisition des 25'435 actions Swissair par l'Etat de Vaud avait été financée par l'emprunt». Et d'affirmer comprendre «le souci légitime, voire la colère, qui se sont fait jour au sein de l'opinion publique». La perte comptable ? et non la perte réelle ? est de près de deux millions, puisque les actions figuraient à leur prix de revient avant d'être portées à zéro par un amortissement de 1'780?450 francs dans les comptes 2001.
Mais depuis lors, l'inaction de l'Etat a été mise à jour et, s'il y a une condamnation pénale à Bülach, le canton aura perdu l'occasion de recevoir la moindre indemnité. Toutefois, il se pourrait qu'une plainte devant un juge civil reste possible, mais à la condition qu'il y ait eu condamnation pénale et un nouveau procès civil dans le canton de Zurich concernant SAirGroup. c'est fort improbable. Les radicaux mis en cause à Bülach peuvent dormir tranquilles.
Quant à la gaffe du gouvernement vaudois, celui-ci l'attribue « à une négligence au sein du Département des institutions et des relations extérieures en 2002, plus précisément au Service de justice, de l'intérieur et des cultes». Et de laisser le lecteur se souvenir que c'était Pierre Chiffelle qui était chef du département et Francine Jeanprêtre présidente du Conseil d'Etat à cette époque? Comme c'est élégant pour un gouvernement qui se gargarise d'être collégial !
|