Paquet fiscal: les familles perdantes PDF Imprimer E-mail
Mercredi, 07 Janvier 2009 08:20

Le 8 février, le peuple vaudois votera sur un nouveau « paquet fiscal », c'est à dire une série de baisses d'impôt au bénéfice des plus riches contribuables de notre canton. Depuis de nombreuses années, chacune et chacun le constate: les inégalités sociales ne cessent d'augmenter, sous l'effet délétère des politiques néolibérales promues par la droite. Alors qu'il est toujours plus difficile de payer son loyer, son assurance-maladie ou ses déplacements, une minorité s'enrichit effrontément. Il n'y a dans ce processus ni hasard, ni fatalité: la redistribution des richesses du bas de la société vers le haut est le résultat logique et attendu de choix politiques.

Ainsi, il n'est pas inutile de rappeler que si l'impôt permet le financement de nombreux services publics (écoles, transports en commun, hôpitaux, EMS), il constitue également, par sa progressivité, un outil de redistribution des richesses qui profite tant à la classe moyenne qu'aux familles et ménages les moins favorisés. L'impôt est un instrument de justice sociale, permettant l'égalité dans l'accès et l'usage des biens et services fournis à la collectivité. Le projet de « paquet fiscal » soumis en votation participe d'une politique visant à transformer le canton en un Eldorado fiscal pour grandes fortunes.

La première mesure, le « bouclier fiscal » d'inspiration sarkozyste (loi sur les impôts communaux), ne profitera qu'aux 950 plus grandes fortunes du canton, qui ne seraient plus taxées qu'à hauteur de 60% sur le revenu et la fortune cumulés. Quant à la loi sur les impôts cantonaux, elle prévoit une défiscalisation des dividendes au profit des grands actionnaires, soit ceux qui possèdent plus de 10% des actions d'une société. Elle ne bénéficiera donc ni aux particuliers, ni aux PME, ni à l'économie de manière générale.

Aujourd'hui, notre canton est déjà fiscalement extrêmement attractif; c'est tellement vrai que la promotion économique vaudoise le précise parmi les premiers « atouts » du canton, sur son site internet. L'acceptation des mesures soumises en votation entrainerait une perte de recettes de 160 millions de francs chaque années pour le canton et les communes: cela se traduirait immédiatement par des baisses de prestations pour l'ensemble de la population (par exemple, moins de places en crèche, plus d'élèves par classes, moins de subsides à l'assurance maladie, réduction des bourses d'études, etc.). En période de crise, c'est d'autant plus irresponsable! Les déductions prévues pour les familles de la classe moyenne, mesure uniquement destinée à « faire passer la pilule » des cadeaux fiscaux, ne se monteraient qu'à 10, 20 ou au mieux 50 francs par mois: cela ne compenserait pas les baisses de prestations. Le peu qui est donné d'un coté serait perdu dix fois de l'autre. Enfin, si les impôts des quelques contribuables les plus fortunés sont baissés, c'est bien la classe moyenne qui verra à terme sa fiscalité augmenter, pour combler le manque de recettes. C'est l'ensemble de la population qui payerait ces cadeaux.

Julien Sansonnens

(Opinion parue dans 24 Heures du 5 janvier 2008)

 
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