De la facilité de trouver des milliards PDF Imprimer E-mail
Mardi, 21 Octobre 2008 15:41
Madame, Monsieur,

Depuis plusieurs années, il est pratiqué, tant au niveau fédéral que dans de nombreux cantons, une politique des caisses vides. A chaque projet social demandant un financement, il est opposé l’absence de ressources de l’état en matière financières, et l’impossibilité d’augmenter l’impôt.
C’était sans compter sur la crise actuelle des marchés financiers, qui ne fait que montrer les limites du libéralisme. C'est un grand risque pour tout le système économique. Et c'est bien pour cela que l'Union Européenne, les Etats-Unis, et enfin la Confédération recapitalisent en masse leurs banques. On privatise quand tout va bien, et l'état paie quand tout va mal.
Les états paient donc les pots cassés, et les paient cher! Pour la confédération, ce ne sont pas moins de 6 milliards qui sont injectés directement dans l'UBS, auxquels s'ajoutent 68.2 milliards d'actifs « toxiques » qui seront rachetés par une société contrôlée par la BNS.

Nous avons ici bel et bien la preuve qu'en matière de financement, la seule chose déterminante est la volonté politique. Si le système financier est en danger, on n'a aucune peine à « trouver » une quantité de milliards rapidement. Quand il s'agit en revanche d'assurer une retraite digne dès l'âge de 62 ans pour les personnes qui gagnent moins de 120'000 francs par an, comme le propose l’initiative soumise au vote le 30 novembre prochain, c’est une autre question. Bien que les couts d’une telle mesure soient estimés, par les initiants comme par l'administration fédérale, à environ 800 millions de francs, somme 90 fois inférieure à celle versée à l’UBS, on nous rétorque que ce financement ne pourra pas être assuré.

La population pourrait bien le comprendre en montrant un signal clair en faveur de mesures mettant l’économie au service des contribuables et non les contribuables au service de l’économie, notamment en votant OUI le 30 novembre prochain à l’initiative « Pour un âge de l’AVS flexible ».

Par ailleurs, il est nécessaire que le pouvoir politique pose des limites aux marchés financiers, donnant un signal clair contre la spéculation. De nombreuses possibilités s’offrent aux autorités : étatisation à 100% des banques cantonales, taxes sur les mouvements de capitaux, abolition des paradis fiscaux et du secret bancaire notamment.
 
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