Leconseil d'Etat vaudois a annoncé aujourd'hui une« baisse » du taux de chômage dans lecanton de Vaud. Moins de 13'000 personnes y seraient sans emploi,soit un prétendu taux de 3.9%. Ce chiffre est aussi trompeurque mensonger.
Lechômage : une définition qui varie suivant lesstatistiques, ce qui permet de faire varier d'autant le nombrede chômeurs
Leschiffres du CRIS ne recensent que « Le nombre de chômeursinscrits dans un office régional de placement (ORP) ».Or on sait que, dans notre pays, toute une frange de la populationsans emploi (mais pouvant et voulant travailler) ne s'y inscritpas. c'est pour cela qu'on doit impérativementcalculer ces chiffres en suivant des normes internationales édictéespar le BIT (bureau international du travail), mais ces dernièresdérangent car elles dénombrent deux fois plus dechômeurs en Suisse.
En 2003 par exemple, l'OFS,sur ces critères internationaux, dénombrait 51000jeunes de 15 à 24 ans en situation de chômage alors quele nombre d'inscrit dans des ORP ne dépassait pas 29286jeunes. On a passe ainsi du simple au double !
Tous ces gens que lesstatistiques ne montrent pas
De plus, il y au moins troiscatégories de sans emploi qui sont occultés par leschiffres trompeurs du conseil d'Etat :
lespersonnes qui ne peuvent pas ou qui ne peuvent plus obtenird'indemnités (notamment les chômeurs en fin dedroit). A part dans certain canton, comme à Genève oùils peuvent encore bénéficier de prestation sociale,la plupart de ces gens sortent de la statistique du Canton. Lesjeunes qui viennent d'achever une formation ou n'exerçantpas d'activité lucrative avant de commencer àchercher un emploi. En 2003. seul un tiers d'entre euxétaient inscrits auprès d'un ORP ! Lesdemandeurs d'asile qui n'ont ni le droit detravailler, ni le droit de s'inscrire dans un ORP.
Des chiffres qui dérangent
On peut donc facilementévaluer que le nombre de sans-emploi dans notre canton est aumoins 2x plus élevé que ce que prétend leConseil d'Etat !
De plus, il est bien beau deparler des différences entre régions du canton, mais leconseil d'Etat ne dit rien des jeunes qui sont toujours parmiles plus touchés puisqu'au moins 10% des 15 à 24ans en situation de chômage (plus parfois selon certainesfilières universitaire).
Des conclusions àdénoncer
Iln'est pas tolérable de laisser le conseil d'Etatparler « d'embellie » et« d'amélioration ». Ce qui secache surtout derrière ses chiffres, c'est un marchédu travail helvétique particulièrement flexible avecune immense proportion de travailleuses et travailleurs àtemps partiel, payés à l'heure ou avec descontrats à durées déterminées. Il y adonc une très grande volatilité de ces chiffres quine rendent pas compte de la précarité des conditions detravail de notre pays. A commencer par les working poors, quiconstituent 6% de la masse salariale de notre canton et quitravaillent à 100% pour gagner moins que les 2400 frs du seuilde pauvreté.
Damien Wirths, Secrétairecantonal du POP & Gauche en mouvement Contact : 079/596.83.85
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