Lausanne ville pionnière… dans la dénonciation de jeunes grévistes pour le climat ?

Interpellation urgente de Laura Manzoni, conseil communal de Lausanne

Depuis plusieurs mois, les manifestations pour le climat se multiplient en Suisse comme à l’étranger, avec un succès inespéré, y compris à Lausanne, accompagnées des éloges du monde politique envers des jeunes qui se mobilisent pour une cause urgente et juste. De nouvelles actions se préparent dans notre ville, notamment pendant la semaine du 20 au 27 septembre qui se terminera par une grande grève climatique.
Alors que la Ville de Lausanne prépare son plan climat, que le sommet lausannois pour le climat s’organise et que différents mouvements pacifiques sont créés par des jeunes préoccupés par le futur de notre planète, notre ville se distingue pour son corps de police qui dénonce à la justice une quinzaine de jeunes manifestants.
Pour rappel, lors de la Grève internationale pour le climat du 15 mars dernier, qui a rassemblé plus de 50000 personnes en Suisse dont 15000 à Lausanne, une centaine de manifestants avait occupé, de manière pacifique, les locaux des Retraites Populaires afin de revendiquer qu’elles cessent d’investir l’argent publique dans les énergies fossiles. La police lausannoise en a évacué une quinzaine qui ont refusé de quitter les lieux et contrôlé leur identité. Alors que les Retraites populaires ont décidé de ne pas porter plainte, puisque l’occupation est demeurée pacifiste et s’est terminée dans le bon ordre, les activistes ont été dénoncés… directement par la police municipale, pour empêchement d’accomplir un acte officiel. Le seul mineur présent a ainsi rapidement reçu une ouverture d’instruction pénale et un mandat de comparution par le Tribunal des mineurs pour le 18 juin. Cette réponse a été interprétée par le mouvement et par une partie de la population comme une tentative de répression politique menée par les autorités afin de dissuader les jeunes de toute désobéissance civile. Le 18 juin, une centaine de personnes ont protesté devant le Tribunal des mineurs, arguant que l’occupation pacifique se justifie par sa cause grave et urgente. Le jeune mineur a admis les faits et a été condamné à une peine de 6 demi-journées de travaux d’intérêt général avec sursis et 150.- de frais de justice.
Le sort des autres manifestants dénoncés n’est pour l’heure pas connu.

La présente interpellation demande donc à la Municipalité :

– Comment justifie-t-elle le fait que la police municipale dénonce des jeunes manifestants pacifiques, alors
que l’opinion publique est en faveur des manifestations des jeunes pour le climat et que la Ville élabore
un plan climat qui se veut exemplaire ?

– Que risquent les personnes majeures qui vont être traduites en justice ?

– Si les Retraites Populaires n’ont pas considéré nécessaire de déposer une plainte pénale, pourquoi les
forces de l’ordre les ont dénoncés, alors qu’aucune violence ni dégât n’ont été commis ?

– Quelles instructions la Ville a-t-elle donné à la police par rapport à la gestion future des actes de
désobéissance civile pacifique ?

– La Municipalité compte-t-elle donner des instructions à la Police pour éviter, lors des prochaines
manifestations, tout dérapage et ce genre de sanctions pour les jeunes qui manifestent de manière
pacifique afin de revendiquer une meilleure protection de l’environnement ?