Le montant total des bourses d’étude a baissé de 25% depuis 1993, amenant comme conséquences un accès restreint à la formation, pourtant droit fondamental et preuve de la bonne santé d’un État. Notre candidate renanaise, Nicole Divorne, enseignante à Morges, nous raconte son parcours et les dysfonctionnements qu’elle a pu constater.

Fille d’ouvriers, j’ai eu la chance d’avoir eu des parents qui ont pu m’offrir un environnement propice à des études universitaires. Je n’ai pas eu besoin de chercher un travail pendant les périodes de cours et il m’était suffisant de travailler pendant les vacances et de donner quelques cours d’appui pour gagner un peu d’argent. Ceci dit, limiter mes besoins financiers à cette description serait injuste et réducteur.

Ma maman a en effet dû se reconvertir et travailler pendant ma scolarité pour assurer une assise financière à notre famille et me permettre de pouvoir poursuivre mes études lorsque j’ai terminé ma scolarité obligatoire. Elle a donc dû donner un nombre d’heures de travail considérable pour moi et je lui en suis encore aujourd’hui infiniment reconnaissante. En discutant avec mes collègues et mes amis, je m’étais vite rendue compte que l’aspect financier des choses ne leur était pas forcément plus simple, bien au contraire. Certains d’entre eux tiraient souvent la langue car ils devaient alterner, tout au long de l’année, entre leurs études et un travail afin de subvenir à leurs besoins financiers.

L’aspect financier est une partie des soucis rencontrés, mais de loin pas le seul. Plus récemment, à une année d’intervalle, j’ai eu connaissance du cas de deux jeunes filles qui ont fait des préapprentissages qui se sont mal terminés. Je me suis alors posé des questions quant à leurs droits et quant aux devoirs de leurs employeurs car elles étaient plus dans une situation d’exploitation qu’autre chose. Les heures supplémentaires ne leur étaient ni payées, ni compensées. De plus, de nombreuses remontrances verbales et autres humiliations étaient proférées. Les lois qui protègent les apprentis sont insuffisantes et font que ces personnes en finissent parfois par être dégoûtées d’une profession qui leur semblait pourtant être faite pour elles.

Je suis enseignante, et j’aime tant les différentes facettes de ce métier que le contact avec mes élèves. Cette profession est magnifique et est en continuelle mutation. On a la chance d’avoir une formation de qualité et le district de l’Ouest lausannois est un exemple en la matière, avec l’Université, l’EPFL et prochainement le Gymnase de l’Ouest. En même temps, il faut impérativement que l’on se donne les moyens de cette qualité. Réduire les budgets de la formation est une marotte politique de certains partis de droite et la conséquence directe d’une telle mesure serait dramatique. L’égalité des chances face à la formation, qu’elle soit en milieu scolaire ou professionnel, n’était pas vraiment une réalité lors de mes études, cette situation ne s’est malheureusement pas améliorée. L’accès à la formation doit être un droit et doit être le même pour tous, y compris pour les enfants des personnes en cours de régularisation. La formation ne DOIT PAS être limitée par le manque de ressources financières des parents des étudiants. Ce sont là une partie de mes priorités pour ce qui est de la politique de la formation. Et cette politique est d’une importance capitale pour la Suisse tant il est vrai que la matière grise est une des matières premières qui doit avoir la plus haute importance pour notre pays.

Dès lors, une seule devise : REAGISSONS !

Nicole Divorne

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