A quoi peut-on s’attendre lorsque le POP s’implique dans la vie de nos villes ?

Avec son projet, Marc Vuillemier nous a démontré que le meilleur était possible. Notre municipal Lausannois a en effet pondu, couvé puis élevé un projet dont
l’éclosion a redonné le sourire à nombre d’habitants du quartier des Boveresses. En 2003, le « 24heures » titrait « Délinquance et violence des jeunes à Lausanne »; la situation aux Boveresses, comptant alors 37,6 % de jeunes de moins de 16 ans au sein de sa population, était pour le moins critique. La ville a donc décidé
d’engager un éducateur de rue en vue de proposer des activités sportives dans les quartiers; selon ce même éducateur travaillant depuis 30 ans la situation actuelle est aujourd’hui très calme en regard de celle annoncée en 2003. Que s’est-il passé pour que ce changement ait lieu ?

Notre municipal, féru de sport et soucieux de la qualité de vie de ses citoyens est allé discuter avec la population de cette portion de la ville afin de savoir ce qu’elle pensait être faisable et souhaitable avec son terrain de football alors vétuste et laissé à l’abandon. A la rédaction du contrat de quartier, le manque d’infrastructures environnantes (vestiaires, gradins, buvette) est alors pointé du doigt. Un rafraîchissement de toutes les structures existantes et la construction
d’une buvette, un vestiaire, et de gradins sont lancées et aboutissent à ce que l’on connaît maintenant sous le nom du « Centre Sportif de Praz-Séchaud ». Les habitants du quartier se sont très rapidement approprié les lieux en étoffant le « FC Boveresses » qui comptait 40 membres en 2007. Cette association compte
maintenant 260 membres de 35 nationalités différentes pour 14 équipes (dont trois sont exclusivement féminines) et une école de football. Ceci témoigne de manière éloquente la popularité qu’a le club au sein de son quartier ainsi que des quartiers environnants, puisque certains habitants d’Epalinges et de la Sallaz s’y investissent également du fait de sa proximité. Sans surprise, on constate que les juniors du club fréquentent le terrain également en dehors des heures d’entraînement, ce qui les éloigne de la délinquance et de la violence.

Selon les habitants de Praz-Séchaud, ce club est une aubaine car il leur permet de « se retrouver et d’être toujours sûr d’y rencontrer quelqu’un », notamment grâce à la buvette qui réunit les parents autour du terrain de jeu de leurs enfants depuis son édification. L’appellation « FC Praz-Séchaud » leur tient également à coeur, car ils peuvent s’identifier à cette structure de quartier en tant que produit de leur « terroir ». Symbole de mixité, d’ouverture et de tolérance, le club est
allé jusqu’à organiser un match amical contre l’équipe nouvellement créée de l’EVAM, constituée de migrants logeant dans le centre d’accueil de Praz-Séchaud. Afin de pouvoir organiser des matchs pour les plus grands, la municipalité se penche maintenant sur un projet de terrain synthétique qui pourrait accueillir des rencontres selon les standards exigés par la fédération de football locale. En attendant l’aboutissement de cette dernière étape, les hauts de la ville peuvent
déjà se targuer d’habiter un voisinage plus paisible, soudé et animé grâce à l’initiative d’un municipal attentif à leurs besoins et à la paix entre tous. Saluée par les autorités et les autochtones, la politique du POP a marqué un but et peut se targuer d’une victoire sociale sans appel.
Céline Misiego

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